Accueil > Sclérose Latérale Amyotrophique > Actualités en recherche > Développement pharmaceutique d’un nouveau traitement
De gauche à droite : 
Dr. Karen Coughlan, chercheur post doc 
Mr. Sergej Susdalzew, étudiant en these 
Professor Jochen Prehn
Ms. Louise Halang, chercheur associé 
Dr. Marion Hogg, scientifique senior

Un résultat majeur : Le projet ANGIOGENIN ouvre la voie à un développement pharmaceutique d’un nouveau traitement

Le seul objectif de la Fondation Thierry Latran est d’accélérer la recherche pour trouver un traitement. Les projets sont sélectionnés doivent répondre bien sûr à l’ensemble des  critères d’excellence scientifique nécessaires dans le cadre d’un développement thérapeutique mais ils doivent aussi permettre une avancée dans la recherche d’un traitement. Depuis l’ouverture du 1er Appel à Projets en 2009, 37 projets ont été financés avec un budget total de 5, 2 Millions. Les résultats du projet Angiogenin, Appel à Projets 2012 ont été présentés lors de la réunion annuelle de la Fondation les 20- 21 mai à Dublin. La Fondation est fière d’annoncer que sur la base des résultats trouvés, les chercheurs ont débutés une collaboration avec un laboratoire pharmaceutique de dimension internationale pour poursuivre le développement d’une molécule.

Nous donnons la parole au Professeur Jochen Prehn, investigateur principal du projet, chef du service de physiologie et d’exploration fonctionnelle au  « Royal College of Surgeons in Ireland » à Dublin.

L’objectif de notre projet  ANGIOGENIN financé par la Fondation Thierry Latran était de comprendre le rôle biologique de l’angiogénine dans la protection des neurones moteurs dans la SLA. Une étude  menée par notre institution et publiée en 2006 dans Nature Genetics avait identifiée des mutations d’un gène codant pour l’angiogénine chez des malades atteints de SLA familiale et « apparemment » sporadique.   Plusieurs autres études génétiques menées par  des équipes indépendantes ont confirmées l’association  de mutation de l’angiogénine avec la SLA et l’atrophie musculaire progressive ainsi que récemment avec la maladie de Parkinson. Des recherches préliminaires menées dans notre laboratoire avaient identifies que l’angiogénine était un facteur de protection pour les  motoneurones in vitro et in vivo dans des modèles animaux de SLA. La recherche financée par la Fondation Thierry Latran nous a permis de démontrer que l’angiogénine était secrété par les motoneurones lorsqu’ils étaient agressés. L’angiogénine secrétée agit sur les autres types de cellules présentes dans la moelle épinière (astrocytes) pour stimuler la survie du motoneurone. De plus nous avons démontré que l’angiogénine augmente la densité des vaisseaux dans la moelle épinière dans un modèle préclinique de SLA. Par conséquent, l’angiogénine cible plusieurs types de cellule pour améliorer la survie du motoneurone.

Nous continuons maintenant à développer et à améliorer les technologies pour délivrer cette protéine ou un équivalent pour moduler le niveau d’angiogenine dans la moelle épinière et pour ralentir la progression de la maladie et augmenter la survie. En collaboration avec un grand laboratoire pharmaceutique international, nous sommes entrain d’exploiter complètement le potentiel thérapeutique des méthodes de délivrance de la protéine d’angiogénine dans les modèles murins précliniques de SLA (incluant les modèles SOD1G93A, TDP-43A315T ou FUS(1-359)).

Ces études seront menées selon les directives internationales en vigueur pour l’évaluation préclinique à mener dans le développement d’un traitement dans la SLA, elles comprendront les études de cinétiques, de toxicologie, de développement d’un biomarqueur afin d’accélérer la traduction de nos résultats en essai cliniques préliminaires.  Si cette collaboration continue à obtenir des résultats positifs, notre recherche qui a été généreusement soutenue par la Fondation Thierry Latran pourrait aboutir à un  nouveau traitement qui retardera le début de la maladie, améliorera les fonctions motrices et augmentera la durée de vie des patients menant à une augmentation de qualité de la vie.

Références:

  1. Greenway, M.J., et al., ANG mutations segregate with familial and ‘sporadic’ amyotrophic lateral sclerosis. Nature genetics, 2006. 38(4): p. 411-3.
  2. Wu, D., et al., Angiogenin loss-of-function mutations in amyotrophic lateral sclerosis. Annals of neurology, 2007. 62(6): p. 609-17.
  3. Gellera, C., et al., Identification of new ANG gene mutations in a large cohort of Italian patients with amyotrophic lateral sclerosis. Neurogenetics, 2008. 9(1): p. 33-40.
  4. Fernandez-Santiago, R., et al., Identification of novel Angiogenin (ANG) gene missense variants in German patients with amyotrophic lateral sclerosis. Journal of neurology, 2009. 256(8): p. 1337-42.
  5. Brown, J.A., et al., SOD1, ANG, TARDBP and FUS mutations in amyotrophic lateral sclerosis: a United States clinical testing lab experience. Amyotrophic lateral sclerosis : official publication of the World Federation of Neurology Research Group on Motor Neuron Diseases, 2012. 13(2): p. 217-22.
  6. van Blitterswijk, M., et al., Genetic overlap between apparently sporadic motor neuron diseases. PloS one, 2012. 7(11): p. e48983.
  7. van Es, M.A., et al., Angiogenin variants in Parkinson disease and amyotrophic lateral sclerosis. Annals of neurology, 2011. 70(6): p. 964-73.
  8. Rayaprolu, S., et al., Angiogenin variation and Parkinson disease. Annals of neurology, 2012. 71(5): p. 725-7; author reply 727-8.
  9. Kieran, D., et al., Control of motoneuron survival by angiogenin. The Journal of neuroscience : the official journal of the Society for Neuroscience, 2008. 28(52): p. 14056-61.
  10. Sebastia, J., et al., Angiogenin protects motoneurons against hypoxic injury. Cell death and differentiation, 2009. 16(9): p. 1238-47.
  11. Skorupa, A., et al., Motoneurons secrete angiogenin to induce RNA cleavage in astroglia. The Journal of neuroscience : the official journal of the Society for Neuroscience, 2012. 32(15): p. 5024-38.