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7ème réunion scientifique annuelle, mai 2016, milan

46 chercheurs ont participé aux 15 présentations de projets financés par la Fondation

Les résultats obtenus par la Fondation sont le fruit du travail mené par le Conseil Scientifique Européen qui sélectionne et suit annuellement les projets lors de la réunion qui s’est tenue à Milan en mai 2016 lors du congrès de l’European Network to Cure ALS. Lors de cette réunion, les projets en cours sont présentés pour valider leur bon avancement, ce qui conditionne le financement de l’année suivante. Les projets finalisés entre Mai 2014 et Mai 2015 ont été présentés, ce rapport final donne également lieu à une évaluation communiquée au chercheur par le Conseil Scientifique. Nous vous présentons dans cet article 3 résultats que le Conseil Scientifique a jugé très prometteurs.

Trois découvertes directement issues de projets financés grâce à vos dons présentées lors de la réunion scientifique annuelle de la Fondation

 

La protéine CMHI module la vitesse d’apparition de la SLA

Pr Caterina Bendotti réunion MilanLe Pr Caterina Bendotti qui dirige le laboratoire de neurobiologie moléculaire au sein de l’Institut Mario Negri de Milan nous explique : « Pourquoi certaines personnes atteintes de SLA vivent moins de 5 ans alors que d’autres peuvent vivre encore pendant plus de 20 ans ? C’est l’un des mystères de la maladie qui est devenue notre sujet principal de recherche. Nous avons découvert que deux lignées de souris portant la même mutation SOD1, exprimaient des différences marquées sur le délai d’apparition, sévérité et progression de la maladie. Nous avons trouvé qu’il y avait une augmentation beaucoup plus importante des réponses inflammatoires et immunitaires dans les neurones moteurs de la lignée avec progression lente. Parmi les molécules en jeu, nous avons identifié le rôle du complexe majeur d’histocompatibilité I (CMHI), qui en plus de son rôle clé dans la régulation de l’immunité adaptative, est également impliqué dans le contrôle synaptique, la régénération axonale et la stabilité de la jonction neuromusculaire des neurones moteurs. Grâce au projet de recherche sélectionné en 2013, nous avons démontré qu’en désactivant cette protéine, la maladie apparaissait beaucoup plus tôt en liaison avec une dénervation musculaire rapide, fournissant une preuve incontestable du concept du rôle protecteur de cette protéine dans ce modèle. Ces résultats ouvrent une voie très prometteuse car d’autres molécules du système immunitaire semblent avoir pour effet de ralentir la progression des symptômes chez la souris SLA ce qui pourra nous l’espérons conduire à l’identification de nouvelles molécules pour ralentir la progression de la maladie chez l’homme.

Grâce à la Fondation, nous avons ajouté une nouvelle pièce au puzzle très complexe de la SLA. Merci de nous aider à compléter les pièces du tableau final qui permettra « La défaite de la SLA »

 

Le récepteur 2B de la serotonine ralentit la progression de la SLA.

Luc Dupuis réunion Milan

Luc Dupuis est chargé de recherche à l’Inserm, Université de Strasbourg, il a reçu à l’ENCALS en 2013, le prix européen  du jeune chercheur pour ses travaux dans la SLA.

Lauréat depuis 2012 de la fondation, il nous présente sa découverte. La SLA est associée à une perte du neurotransmetteur sérotonine, mais les conséquences de cette perte ne sont pas bien comprises. L’ hypothèse de travail est que la disparition des neurones serotoninergiques est un événement clé dans le développement des anomalies métaboliques. Nous avons précédemment observé que le récepteur 2B de la sérotonine est fortement exprimé dans les souris modèles animaux de SLA. Dans cette étude, nous avons démontré que le récepteur 2B de la serotonine est protecteur pour les souris modèles et les patients atteints par la SLA. En effet, l’élimination du gène codant pour le récepteur 2B aggrave fortement la maladie des souris, tandis que les patients qui présentent une forte expression du récepteur 2B ont aussi une survie plus longue. Nous montrons enfin que le récepteur 2B est important pour la survie des cellules microgliales, qui sont un type cellulaire important pour contrôler l’inflammation dans la moelle épinière.

L’implication des monocytes dans la SLA

Pr Jochen Weishaupt réunion Milan

Le Professeur Jochen Weishaupt, Université d’Ulm, a été sélectionné en 2013 pour un projet visant à tester une nouvelle approche thérapeutique (Apocept, un nouvel anticorps antiCD95L) ciblant les monocytes périphériques pro-inflammatoires, ils avaient auparavant démontrés que la protéine CD95L déplaçait l’équilibre des monocytes sanguins.

Ils ont pu valider leur hypothèse de modification de l’équilibre sanguin des monocytes au profit des monocytes les plus agressifs chez les malades SLA des formes sporadiques et familiales. Ils ont trouvés des altérations fonctionnelles dans ces monocytes au niveau de la phagocytose et de l’adhésion notamment, et pour la première fois, ils ont démontrés que ces monocytes infiltraient le Système Nerveux Central.

Ils ont par ailleurs testé l’Apocept mais ce sont rendus compte que c’était uniquement le fragment Fc qui était impliqué, ils ont donc poursuivis les expérimentations avec le Gamunex® (IgG humaines) et ont trouvés des résultats positifs significatifs sur le délai d’apparition des symptômes dans les modèles murins. Sur des cultures de monocytes de patients, ils ont trouvés que le Gamunex® contrecarre l’évolution vers les monocytes pro-inflammatoires. Ces IgG sont déjà utilisées dans de nombreuses pathologies, il est donc possible de passer aux études en clinique.

Le Conseil Scientifique pense que ces découvertes sont particulièrement intéressantes et que comme tout résultat scientifique, il est nécessaire de les répliquer dans le cadre du prochain appel à projets avant de pour pouvoir démarrer le développement clinique des IgG dans cette indication.